Société
What Water
Un nouvel élan au Cameroun
Par: Junior King Ondoua
Le samedi 03 janvier 2026 n’était pas un jour ordinaire pour l’ONG luxembourgeoise What Water. À Yaoundé, au Village Noah, l’organisation célébrait la naissance officielle de son antenne camerounaise. Un moment solennel, à la croisée du corporate premium et de la culture, à l’image de la philosophie de l’ONG : allier rigueur, humanité et ancrage local.
Pour ce baptême symbolique, le président international Gwenaël Tchoungui a battu le rappel des troupes. Le bureau directeur international a fait le déplacement. Des élus locaux, des diplomates, ainsi que des figures influentes du monde caritatif, artistique et culturel étaient également présentes. Une assistance à la hauteur de l’enjeu : inscrire durablement What Water dans le paysage camerounais.
Créée en 2021, l’ONG peut déjà se prévaloir d’un actif concret au Cameroun. Dans les régions de l’Adamaoua, du Centre et de l’Ouest, des communes ont désormais accès à l’eau potable grâce à des forages réalisés selon un modèle de coopération éprouvé. Dans son discours de circonstance, Gwenaël Tchoungui a rappelé l’ADN de What Water : « What Water est une organisation qui travaille sur l’accès à l’eau, mais surtout avec des personnes. Notre rôle n’est pas de faire à la place, ni d’imposer des solutions. Il est d’écouter, d’apprendre et d’agir ensemble. L’idée de What Water est née ici, au Cameroun.
Elle a ensuite pris forme au Luxembourg, où l’organisation a été structurée. Nous avons pris le temps de construire un modèle d’intervention, de le tester, de l’améliorer. Un modèle qui a permis, très concrètement, de créer et d’accélérer des échanges entre des acteurs du Grand-Duché de Luxembourg et du Cameroun. Une fois ce modèle éprouvé, il nous a semblé naturel de le reproduire à l’intérieur même de notre pays cœur : le Cameroun. Non pas pour dupliquer à l’identique, mais pour adapter, renforcer et ancrer localement ce que nous avons appris ailleurs. What Water Cameroun repose sur une vision simple : agir sur l’accès à l’eau de manière concrète, travailler avec les acteurs publics et privés, et transmettre, sensibiliser, former», a-t-il précisé.
Du pain sur la planche
Désormais, la responsabilité de matérialiser cette vision repose sur l’équipe camerounaise conduite par Louis-Yves Yinda. La tâche est ambitieuse, mais le terrain est balisé. Le modèle existe, les enseignements sont là. Le président de la section Cameroun s’est dit prêt et engagé, rappelant que 9 millions de personnes manquent encore du vital liquide. Parmi les priorités immédiates : les adhésions. À partir de 10 000 FCFA, chacun peut contribuer à améliorer l’accès à l’eau pour des populations en situation défavorable. Un engagement simple, mais impactant.
La cérémonie a également été marquée par de forts gestes de solidarité. Sensibilisées par la problématique de l’eau, plusieurs personnalités ont choisi de s’engager depuis quelque temps: Séverin Alegua Mbelle, directeur général de la chaîne Bnews1, G-Laurentine Assiga, présidente du comité d’organisation de la Coupe du monde de la presse culturelle, Barthélémy Toguo, artiste visuel de renom, et Vanessa Bergham, porte-parole de What Water International. Leur partage d’expérience a inspiré les maires de Bangangté et de Maroua Ier, qui ont également décidé de rejoindre l’aventure.
La soirée s’est achevée dans une atmosphère à la fois festive et symbolique. Un concert, un défilé de mode solidaires. Les voix enveloppantes de Sanzy Viany, Diane Beza, Lucky+2, rythmées par les créations de La Maison du Textile, ont offert une conclusion artistique à ce baptême camerounais



